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Saturday, November 04, 2006

Actu - France - Santé - L'élixir fatal de l'apothicaire


Au printemps, l'affaire des "gélules amaigrissantes" avait défrayé la chronique. Le 19 avril, le ministère de la santé lançait une alerte afin de retrouver les personnes susceptibles d'avoir consommé une préparation magistrale à base d'extraits thyroïdiens confectionnée dans une pharmacie parisienne. Une femme de 57 ans en était morte, dix-sept autres étaient hospitalisées, dont sept pour des pathologies graves.

Six mois plus tard, les procès-verbaux (PV) de police - que Le Monde a pu consulter - livrent les dessous d'une affaire dans laquelle médecine et commerce semblent ne faire plus qu'un.

Le pharmacien incriminé a été mis en examen, le 28 avril, pour "mise en danger de la vie d'autrui", "homicide et blessures involontaires". Le médecin prescripteur - suspendu par arrêté préfectoral - vient d'être convoqué devant la section disciplinaire du conseil régional de l'ordre des médecins pour manquement aux bonnes pratiques médicales.

L'affaire a débuté le 18 avril. Vers 12 h 30, ce jour-là, une jeune femme en colère se rend à la pharmacie Demours-Maizil, rue de Prony, dans le 17e arrondissement de Paris. "Elle m'a présenté trois flacons de gélules - des coupe-faim, des "brûle-graisse" à base de plantes, et des extraits thyroïdiens - qui venaient tous de notre officine, a raconté aux policiers Nadia, préparatrice en pharmacie. Elle m'a demandé qui les faisait et quelle était leur composition (...). La jeune femme s'est énervée en disant que c'étaient des produits dangereux, que sa mère était à l'hôpital entre la vie et la mort. Je lui ai dit qu'on en vendait régulièrement, sans avoir de problème."

Après la visite, la préparatrice a aussitôt averti le pharmacien qui a confectionné les gélules. Dans la pharmacie, c'est "l'affolement". "Des personnes - familles de patientes ou médecins de services de réanimation - nous appellent pour savoir ce que contiennent ces gélules, a précisé Nadia, lors de sa déposition, avant d'ajouter : "Nous avons prévenu les autorités sanitaires."

Au soir du 18 avril, la mère de la jeune femme qui avait alerté la pharmacie meurt à l'hôpital Saint-Antoine. "Le 6 avril, comme tous les mois, ma mère s'était rendue chez son endocrinologue, rue de Prony, pour qu'il lui prescrive ses gélules amincissantes, a relaté la jeune femme sur PV. Ce médecin la suivait depuis quatre ans et demi. Une semaine plus tard, elle a eu des troubles neurologiques, des hallucinations et elle était très fatiguée. Le 14 avril, elle a été transférée en réanimation, dans le coma. Les médecins ne comprenaient pas la pathologie de ma mère."

En consultant la messagerie du mobile de sa mère, elle a constaté que le pharmacien avait tenté de la joindre à trois reprises, le 20 avril. Trop tard pour lui dire de ne pas prendre le produit. Lorsqu'elle a découvert l'alerte du ministère de la santé, la jeune femme a immédiatement fait le lien, appelé la police, et porté plainte. Au total, cent soixante-douze femmes seront contactées pour qu'elles arrêtent immédiatement leur traitement.

"Je suis effondré, je ne comprends pas comment j'ai pu faire une erreur pareille", a lâché le pharmacien dans un PV. Il a confirmé que les ordonnances du médecin contenaient "trois préparations" : la première, composée notamment de caféine, de sibutramine, d'aminophylline et de diazepan - un "cocktail" d'anorexigène et de diurétique, censé renforcer le sentiment de satiété - ; la deuxième, à base de différentes plantes dont du fucus ; la troisième renfermant de la poudre de thyroïde. C'est dans cette dernière que le pharmacien dit avoir "fait une erreur énorme". "Je ne me l'explique pas", a-t-il ajouté.

Après analyse, il s'est avéré que ces gélules comportaient une dose de lévothyroxine (hormone thyroïdienne de synthèse) 400 à 800 fois supérieure à la dose thérapeutique attendue. L'enquête a démontré que ces gélules n'ont pas fait l'objet d'inscription sur l'ordonnancier. "Effectivement, je ne notais pas la délivrance, je conçois que cela (ait été) fait en dépit du bon sens et des règles de la pharmacie", a admis le pharmacien devant les policiers.

M. Maizil était, apparemment, un stakhanoviste de la préparation magistrale, allant jusqu'à confectionner 4 000 gélules par jour. "Je suis insomniaque, je passe beaucoup de temps dans ma pharmacie", a-t-il justifié. Combien en avait-il préparé début avril à base d'extraits thyroïdiens ? "Un millier, je crois", a-t-il répondu. De plus, certaines préparations à visée amaigrissante étaient en infraction avec la loi Talon de juillet 1980, qui interdit de mélanger certaines substances (diurétiques, anorexigènes, psychotropes, extraits thyroïdiens) : "C'est effectivement une infraction, je ne sais quoi ajouter", a reconnu le responsable de l'officine.

Le PV du pharmacien inspecteur de la direction régionale des affaires sanitaires et sociales (Drass) d'Ile-de-France est édifiant : "La balance de la pharmacie n'était pas contrôlée ni l'uniformité de masse des gélules ; les préparations magistrales étaient faites à l'avance, n'étaient pas inscrites sur l'ordonnancier, ne comportaient, sur l'étiquetage, ni le nom ni la dose de chacune des substances actives ; la fabrication était régulière et répétée, c'était un processus quasi industriel."

Les ordonnances de l'endocrinologue ? Elles étaient "illisibles, ne comportaient ni le nom du patient, ni la date, ni le tampon de la pharmacie, détournaient la loi Talon". "Il pourrait s'agir d'un compérage entre le médecin et le pharmacien", a suggéré l'inspecteur de la Drass.

Plusieurs victimes l'ont confirmé sur PV : "Cette pharmacie était prescrite par l'endocrinologue. Quand on y allait, on avait la préparation au bout de cinq à dix minutes." Une vingtaine de patientes, ainsi que l'ordre national des pharmaciens ont porté plainte. "Quand je demandais la composition des produits au médecin, il me disait que c'était rien que des choses naturelles, du fucus, des algues, des plantes", a témoigné l'une des patientes.

Installé en cabinet libéral depuis plus de vingt ans, le docteur s'était constitué une grosse clientèle. Grâce à une consultation peu chère dans ces beaux quartiers de Paris (45 euros) et une spécialisation en nutrition, le bouche-à-oreille a rapidement fonctionné. Ses patientes venaient de Paris, mais aussi de banlieue. "Je soignais des problèmes d'hypothyroïdie que je découvrais chez des personnes qui voulaient perdre du poids", a-t-il expliqué aux enquêteurs.

"La plupart de ces patientes avaient une corpulence normale, il n'y avait pas beaucoup d'obèses", a témoigné une secrétaire médicale du cabinet. "Le docteur voyait 50 à 60 patientes par jour, a-t-elle expliqué. J'avais instruction de prendre deux rendez-vous par quart d'heure. Parfois il envoyait l'ordonnance par courrier contre un chèque de 45 euros." Et d'ajouter : "Il était très ami avec le pharmacien. Des éléments me font dire que ce dernier versait une commission pour chaque patient envoyé chez lui."

© Le Monde

Actu - Internet - Une journée dans «Second Life»


MONDE VIRTUEL «Second Life», c'est un univers informatique créé de toutes pièces par un studio californien. Les internautes s'y bousculent et les plus mordus y passent leurs jours, leurs nuits et un peu plus encore. Toyota y a lancé sa nouvelle Scion et Suzanne Vega y chante parfois

Je m'appelle Noé Boisblanc et je suis né à 40 ans. C'est aujourd'hui que je suis entré dans «Second Life», sous forme d'une nouvelle incarnation, Noé Boisblanc précisément, mon avatar, quoi, et que je m'y suis promené quelques heures. «Second Life»? C'est un monde virtuel en trois dimensions, accessible par internet en permanence et dans lequel les internautes peuvent vivre une autre vie, dans une autre maison, avec d'autres amis, dans une autre dimension.

Au début, ça étonne un peu bien sûr; mais à la fin, c'est bien réel, cette virtuelle deuxième vie. Mieux même, c'est assez couru! Parce qu'ils ont l'air de bien aimer ça, mes «Second» contemporains: ils sont aujourd'hui plus d'un million à évoluer, comme moi, dans l'univers de «Second Life» et leur nombre grossit tous les jours. La population de ce monde parallèle croît en effet chaque mois d'environ 20%...

On peut même y monter une affaire
Autant dire que je ne suis pas seul à déambuler dans les rues de cet univers-là, dont on se demande s'il existe ou pas. Il existe assurément: certains joueurs de ce jeu (mais ce n'est déjà plus un jeu!) ont réussi à y monter une affaire, un commerce, à réaliser des ventes dans cette société virtuelle et ça fonctionne plutôt bien. Aujourd'hui, plus d'un millier de personnes vit des revenus générés dans «Second Life» par des activités qu'ils y ont créées.

La monnaie unique, le Linden dollar
Du reste, près de cinq cent mille dollars y sont dépensés chaque jour pour l'achat de biens matériels ou immatériels. Terrain constructible virtuel, maison à créer soi-même, habits à acheter pour vêtir son avatar, concerts, vacances, tout peut évidemment s'acquérir ici à l'aide de Linden dollars, la monnaie de ce monde. Un Linden dollar (LD), du nom de Linden Lab, le studio californien qui a créé Second Life en 2002, peut être converti en vrai dollar dans des bureaux de change en ligne et à un taux fluctuant de 300 à 350 LD pour un dollar américain.

L'argent toutefois n'y est pas indispensable. L'accès à «Second Life» est gratuit et je n'ai pas un sou en poche. Dommage. Je ne profiterai pas des offres disponibles dans cet univers. Je n'achèterai pas ma statuette d'avatar, fabriquée par Fabjectory, je ne partirai pas en vacances sur Stagecoach Island, l'île virtuelle créée de toutes pièces par la société Swivel Media, basée à San Francisco, je n'irai pas en discothèque, je ne prendrai pas d'argent dans les succursales virtuelles de la banque Wells Fargo, je me contenterai simplement de me promener et de regarder.

C'est qu'il y a ici des choses à voir. Tellement qu'il faudrait plus de temps. Ces chalets enneigés et leur terrasse très cosy par exemple, au très virtuel lieu-dit Anzère. Ce temple de la Rome antique aussi où brûlent des lampes à huile devant des couronnes de lauriers impériaux.

Les bandits y sévissent aussi
Je peux pénétrer aussi dans le temple d'Iris et découvrir, non loin de là, l'officine de Mynci Gorky, un avatar comme moi qui se présente comme un ou une spécialiste de la communication. Sa bibliothèque virtuelle est assez fournie. Je saisis un livre, d'un clic de souris, et c'est la page d'accueil de la bien réelle New York Law School qui s'affiche; je me tourne vers cette affiche et c'est un salon de beauté virtuel qui me propose ses services; là, c'est un opuscule intitulé «L'éthique du hacker» que je pourrais consulter si seulement j'avais quelques Linden dollars sur moi. L'éthique du hacker? Ce titre sonne comme un avertissement. Car ce monde virtuel attire aussi les bandits. Dans le courant de l'été (mais il n'y a pas de saisons ici), des hackers ont profité d'une faille informatique pour accéder aux informations personnelles des utilisateurs de «Second Life». Les 650 000 membres ont été informés qu'une des bases de données de Linden Lab avait été fracturée. Cette base comportait notamment les noms, les adresses, ainsi que des informations sur les transactions réalisées par les joueurs. La faille sécuritaire est aujourd'hui comblée et la vie a repris.

Une vie somme toute assez semblable finalement à la vie réelle. Dommage! Les habitants d'internet ont tout en mains pour fabriquer leur rêve et les voilà qui se construisent un monde de petits chalets ou de villas cossues, de bars, de discothèques, de casinos, de magasins divers. Pour le rêve il faudra attendre. A moins que Noé Boisblanc ne crée, dans «Second Life», un jeu que les avatars joueront devant leur ordinateur virtuel et qui leur permettra de vivre une «Troisième Vie».

© Le Matin Online

Actu - France - Entre la vie et la mort


BANLIEUES La jeune étudiante brûlée à plus de 60% dans l'attaque d'un bus n'est toujours pas tirée d'affaire. Le père de Mama Galledou et ses frères et soeurs se sont rendus à son chevet, alors que Nicolas Sarkozy demande des sanctions exemplaires pour les auteurs de l'incendie.
Mama Galledou, cette étudiante grièvement brûlée samedi soir dans l'attaque d'un bus par plusieurs adolescents dans le 13e arrondissement de Marseille, se trouvait toujours hier entre la vie et la mort. «Son pronostic vital est toujours engagé», a annoncé hier le Pr Jean-Claude Manelli, chef du service régional des grands brûlés de l'hôpital marseillais de la Conception.

Le père de la victime et ses frères et soeurs, venus du Sénégal, se sont rendus à son chevet hier matin.

«Soixante pour cent de la surface de son corps est brûlée, profondément, même s'il est pour l'heure difficile de savoir si c'est très profondément ou relativement. Elle est placée sous assistance respiratoire et ventilation artificielle ainsi qu'en coma artificiel», a-t-il dit lors d'une conférence de presse en précisant qu'un «premier cap vient d'être passé après une phase de réanimation initiale de 36 heures».

Le médecin a également annoncé que cette jeune Franco-sénégalaise de 26 ans, étudiante en première année de mastère de nutrition, avait des risques infectieux, nutritionnels, hématologiques et respiratoires.

Vidéosurveillance et sévérité
De son côté, le gouvernement français a promis hier d'arrêter les auteurs de l'incendie du bus. «Je demande des sanctions exemplaires et croyez-moi, nous les retrouverons», a assuré M. Sarkozy, à l'issue d'une réunion de crise.

Critiqué par l'opposition, qui lui reproche de délaisser le ministère de l'Intérieur pour préparer sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a plaidé de nouveau pour une modification en profondeur de l'ordonnance de 1945 sur la délinquance des mineurs, en vue d'un abaissement de l'âge de la responsabilité pénale. «Quand vous êtes une victime, qu'on balance un jerricane d'essence sur vous, est-ce que vous croyez que ça a beaucoup d'importance de savoir que celui qui fait ça a 18 ans et demi ou 17 ans et demi?», a-t-il lancé.

Le premier ministre Dominique de Villepin a aussi annoncé une généralisation des dispositifs de surveillance vidéo dans les transports publics et demandé à la justice une sévérité accrue contre les auteurs de ce type d'attaques. Il a lancé un appel à témoins pour retrouver les auteurs de cette attaque, précisant que ces personnes pourraient témoigner anonymement.

© Le Matin Online